jeudi 21 février 2013

Article 9 : Silence religieux

C’était la fille sainteté aux doigts immaculés de blanc, qui se penchait sur ses sentiments vides de carcasses d’anges.

Elle s’était dévorée les doigts, mille fois dévorée les doigts sans trop y toucher afin d’éviter qu’on ne la confonde en divine.
Son épanchement sanguin aurait pu la noyer, elle aurait préféré d’ailleurs, plutôt que de s'étouffer, encore, en tournant cette fois la langue dans sa bouche gouffre qui voulait dévorer le monde.

Elle se rêvait en cauchemars sans imaginer qu’on la touche, qu’on puisse pénétrer entre des cuisses écartées comme rentrent dans une église à la profondeur miroir d’écho tous les paumés, les repentis, les prêtres pédophiles, les demandeurs d’asile et tous ceux qui auraient cherché la foi sur son corps bible.
Sur ce dernier était placardé un « défense d’entrer » comme sur les portes condamnées.

Elle n’avait eu Dieu jusque là que pour les démens assagis au regard muet et aux lèvres suturées.
Elle se demanda s’il faisait plus chaud en enfer, de quoi la réchauffer.

Elle déposa alors son cœur de pierre comme première brique d’un édifice sculptural. Ses chairs devinrent paroisse, sa cage thoracique un isoloir dans lequel se repentir de ses déboires.

Elle croyait à la con fesse ion,

et s'offrit Cathédrale

aux premiers trottoirs,

aux premières prières de don de soi.

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