jeudi 21 février 2013

Article 5 : Passeur de rêves

Je suis absente, de ta vie, de ta haine, de tes peurs mais surtout de ce trou béant que personne ne pourra combler. Alors je veux être là pour empêcher que ton vide se répande sur ce qui te reste de vie et te faire sourire comme je sais que j'ai pu le faire dans un de nos moments d'égarement. Et j'ai aimé, ton sourire carnassier, ta douleur assumée comme tant de choses. Tu es un enfant, dans un monde que tu rejettes et qui ne t'aime pas, penses-tu, mais moi qui fais partie de la ronde; je t'aime. Parce que ton silence est précieux et me heurte, me brûle, me ronge parfois dans l'impuissance dont je fais état. Mon passeur de rêves aux cauchemars, tu me fais comprendre tant de choses et par ton regard tellement lucide, je comprends que je grandis par choix, par envie mais que je ne subis rien. Les difficultés sont là et j'en ferais abstraction aussi longtemps que tu me diras qu'elles seront toujours pour m'enfoncer plus bas que la merde que j'aspire. La douleur, c'est celle de savoir que personne ne sera heureux jamais, sinon la terre aurait fait en sorte que je suis sois plus mature et toi plus naïf sur une échelle de temps beaucoup plus infime. Personne n'a ou n'aura vocation à être dans une situation différente du désespoir qui nous incombe. Tu me nargues et je te nargue, à être notre solution pour un bonheur ultime mais rien n'existe. Le néant est notre père et nous sommes son absence. Aussi longtemps que mes doigts auront le courage d'assumer cette distance, je tiendrais et je serais là, avec ce silence qui te ronge et t'abîme, salvateur parfois à ton écoute, à ton regard, à tes écrits.
Passeur, tu es ma muse, inscrit dans chaque fibre de mon être. Tu es toujours là, dans ma tête dans ces chansons dont je tairais les titres, dans une voix un peu trop grave, dans l'innocence perdue. Tu es la beauté de ce monde puisque tu es là, si ce n'est devant moi en puissance et en chair, au moins dans les traits que je crée et te dessine. Tu entres, dans la passion de mon écriture, tu es, dans la rage que je vomis par mes mots acides. Et si je te parais mature c'est parce que tu es ma maturité, mon vocabulaire d'écorchée, mon mentor, mon maître à penser. Si tu n'existes plus c'est pour mieux renaître dans les yeux d'une sale gosse trop fière pour admettre qu'elle a encore des rêves de grandeur suffisants pour deux. Je suis une enfant oubliée dont tu as fait comprendre l'importance puisque lorsqu'un de nous deux fermera les yeux, le monde forcément arrêtera de tourner. Je t'en fais la promesse, même si tu n'as foi en rien, que dans tes moindre victoires je serais là et que tes blessures ne se dé cicatriseront jamais. Si j'ouvre tes souffrance, j'ose croire que c'est pour mieux réparer le mal qu'ils ont pu te faire.
L'amour n'existe pas, te clamais-je à tue-tête mais les soirs où je me sens vivre c'est parce qu'à ton tour tu me criais le contraire, que c'est la seule chose qui mérite d'exister.
Je ne comprendrais jamais comment j'ai pu attirer l'attention d'une entité telle que la tienne et pourquoi j'ai accepté ta présence alors que je bousille tout ce que je touche. Peut-être parce que pour une fois, je me donnais droit à avoir en ma possession la plus belle des choses. A moi seule, et avide d'exclusivité je me sais heureuse d'exister à tes yeux, puisque rien n'existe dis-tu, surtout pas l'humanité.

(24 février 2008)

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