Au début des temps, il y a eu, l’icône angélique aux croyances tumeurs,
plombé dans l’ail depuis son plus jeune âge par des conneries qui lui
octroyaient le droit de ne profiter en rien de ce que son âge l’aurait
permis. Il n’était pas bien beau, un peu naïf, beaucoup trop d’ailleurs,
mais j’avais déjà dans l’idée qu’il fallait que j’en profite, que ce
temps là finirait du jour au lendemain par me manquer, et… Je ne me
trompe jamais.
Je m’étais déjà oublié depuis un moment, tentais, du moins, de le faire et je me retrouvais seule. Mais pas assez.
Puis un jour, ça me tombe dessus, l’oubli de moi-même au profit d’un
autre qui était l’opposé du candide et dont je ne voyais pas les veines
tentatives pour me rendre belle, comme dans ses yeux, et j’ai simplement
fini par me dégoûter de lui, comme s’il avait fini par s’imprégner de
mon visage en éponge, et que je regardais le grossier reflet de ce que
j’étais mais n’aimais. Je n’ai jamais été prête à partager ma solitude.
Peut être un an plus tard, je suis morte. Il y a eu ce lui, qui au fond
en adversaire, à su être la preuve que je pouvais être enterrée vivante
sans me confondre à la terre battue. J’ai été fondue dans sa chair,
forgée par les coups de ses côtes et c’est l’hémorragie qui a m’a
vaincue. J’avais eu le désire de n’être rien et à force de me persuader
que je n’existais pas, j’ai fini par devenir personne. Et sous son
corps, j’ai été toutes les filles inaccessibles, toutes celles qui ont
sûrement réussi à partir. Je me suis oubliée, j’ai du oublier de me
sauver.
Mais maintenant, j’essaie de me convaincre que tout… n’est pas si sale.
La chute en enfer n’a été rien.
Des hommes sans visage se sont succédés. De pathétiques vengeances à ma
mémoire défectueuse. Et j’ai collé le visage que j’ai en horreur sur
chaque face d’inconnus que je n’ai plus voulu connaître comme dans la
bible.
Mais je m’étais déjà mutée, passant d’enfant à femme déchue, en pseudo
icône d’inaccessibilité, dévoilant souvent malgré moi les trous déchirés
par lesquels quelques démons se sont immiscés cohabitant ensemble dans
mes instincts, dans mes intestins en remparts à toute illusion
amoureuse. Et vomir n’a jamais réussi à les en déloger.
Et pourtant, le visage n’est plus qu’un voile flou sur la bonté de
certains. Il n’a servi qu’à pervertir mes sensations. Plus qu’un voile
sur mon palet, aliénant les saveurs d’autres pêchés
« Pseudo icône inaccessible», sainte vierge parmi les monstres. La
faille est que je fume pour me rappeler que même le saint est chaque
jour soumis à se propre destruction. Je reste celle qui n’obtient que le
rôle principal d’héroïnes de mauvais mélodrames.